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Comment surmonter le syndrome de la cabane quand on est maman solo ?

Opened shutters

A la fin de l’hiver 2019-2020, nous avons tous été surpris par de nouvelles règles imposées par nos gouvernements suite à l’apparition du COVID-19. C’est là que nous avons été confrontés au syndrome de la cabane. Après de longs mois de quasi-enfermement et de télétravail ou d’arrêt de travail, certains d’entre nous sommes anxieux à l’idée de reprendre nos activités courantes à l’extérieur. Les habitudes telles que : se lever plus tard, devenir adepte du binge-watching ou manger différemment parce qu’on prend le temps de cuisiner se sont bien installées. Difficile dès lors d’en changer alors que le retour à une vie plus normale se profile à l’horizon grâce à la vaccination. Et lorsqu’on est maman solo, la peur vaut pour nous-mêmes mais aussi et surtout, pour nos enfants. De là à leur transmettre le syndrome de la cabane, il n’y a qu’un pas ! En effet, à l’instar d’un virus, la peur peut agir par contagion également. Mais comment ce phénomène fonctionne-t-il ?

 

Lire aussi l’article : « Maman solo : 4 astuces qui vont vous faire déculpabiliser ».

 

Qu’est-ce que le syndrome de la cabane ?

 

Avant toute chose, je tiens à préciser une chose importante : ce syndrome est transitoire et ne donne pas lieu à une pathologie ni à un trouble anxieux difficile à vaincre. Il se surmonte très bien par des gestes simples que nous allons voir ensemble.

 

Définition

Le « syndrome de la cabane », également appelé « syndrome de l’escargot », est lié à la peur de sortir après une longue période d’enfermement. Cette définition reste valable que ce laps de temps ait été vécu suite à une contrainte ou non. En effet, cela peut être le cas également durant une maladie ou des vacances prolongées. Lors d’un confinement, l’enfermement a été rendu obligatoire, hormis pour les gestes essentiels comme partir se ravitailler pour manger, promener le chien etc.  

L’appellation « syndrome de la cabane » est assez ancienne. Elle date de la ruée vers l’or aux Etats-Unis dans les années ‘40-‘50. Les chercheurs de ce métal précieux vivaient de longs mois dans des cabanes isolées aux alentours des rivières de Californie où de l’or avait été trouvé. Au moment de quitter leur logement de fortune, certains d’entre eux ont développé des troubles anxieux à l’idée de devoir à nouveau se civiliser. La peur de l’autre étant considérée aujourd’hui comme une forme de phobie sociale. 

 

Lien entre le COVID-19 et la cabane

L’apparition d’un virus que même les scientifiques ne connaissaient pas bien au départ nous a tous poussés à rester dans nos habitations durant de longs mois. C’est là que nous nous sentions le plus à l’abri pour éviter de contracter le fameux Coronavirus. Comme nous l’avons appris, celui-ci circule dans l’air ambiant. Il peut même rester un temps sur les surfaces. 

Pour tout un chacun, c’est devenu très vite flippant de savoir ça et d’ensuite voir les images filmées dans les hôpitaux. L’Italie en a beaucoup souffert, ensuite la contagion a atteint toute l’Europe avant de devenir mondiale. Le mot « pandémie » a bien vite été évoqué. Nous qui avions l’habitude de l’entendre uniquement dans les séries télévisées-catastrophes en avons pris pour notre grade. La peur qui était jusque-là irrationnelle est devenue bien réelle. 

« Vite : tous aux abris » avons-nous crié ! Nous y sommes restés, pour certains, plus longtemps que de raison. C’est là que le fameux syndrome de l’escargot bien lové dans sa coquille est né.

Dès lors, serions-nous tous retournés à une sorte d’état sauvage à force de rester éloignés de nos congénères et d’en avoir peur ? Qui a déjà croisé une personne ne portant pas de masque ? Qui n’a eu aucune pensée liée au virus lui traversant l’esprit à ce moment-là ? Entre se promener à l’extérieur au risque de croiser le méchant virus et rester calfeutré dans votre cocon sans rien risquer, votre coeur a-t-il beaucoup balancé ?

 

Pourquoi avoir peur de sortir de son « chez-soi » ?

 

Une forme de phobie entre normalité et pathologie

Tout d’abord, je voudrais rassurer celles (et ceux) qui me lisent : il est tout à fait normal d’avoir des craintes à ce sujet. Les images télévisées de personnes couchées sur un lit d’hôpital aux soins intensifs n’ont pas contribué à nous rassurer, je vous l’accorde ! Mais si vous adoptez bien les gestes barrières que vous connaissez maintenant par coeur : port du masque, lavage des mains et distanciation dite « sociale », il ne devrait pas y avoir de problème. Le tout est de s’y habituer progressivement. Ne prenez pas de risques et tout ira bien. 

Par contre, la mauvaise idée serait de vous enfermer chez vous uniquement en raison de la crainte que le Coronavirus évoque en vous. Moins vous sortirez, plus vous aurez tendance à être dans l’évitement. En effet, la sensation d’être bien chez soi et le fait de ne pas voir l’utilité d’en sortir peuvent donner lieu à des comportements évitants. Or, tout être humain a besoin de contacts sociaux autres que ceux qu’on a l’habitude d’avoir avec nos proches. Loin de moi donc l’idée de vous encourager à parler à un ballon de volley comme Tom Hanks dans le film « Cast away » (Seul au monde). Dès lors, pour parer à cette éventualité, mieux vaut prendre les devants. 

Affronter plutôt que d’éviter

Vous l’aurez compris : afin que cette peur d’être contaminé.e ne se transforme en phobie, il s’agit d’affronter la réalité. Un petit peu chaque jour vous évitera de vous confronter à un trop grand choc. Vous avez d’ailleurs déjà pris l’habitude d’adopter des gestes de protection en faisant vos courses. A moins que vous n’ayez commandé votre ravitaillement en ligne et qu’il ait été livré chez vous jusqu’à aujourd’hui ? Si c’est votre cas, il n’est jamais trop tard pour commencer à mettre le bout de votre nez dehors.

Si vous-même ou vos enfants résistez fortement à l’idée de sortir ne fût-ce que pour vous aérer un peu, je vous conseille d’y aller très progressivement. 

 

Marche à suivre pour apprendre à affronter vos peurs et guérir du syndrome de la cabane

1° Faites la liste de vos craintes. Notez-les sur une colonne. 

Par exemple, cela peut être : 

  • me promener dans la rue seule ;
  • sortir le chien ;
  • me promener dans la rue avec les enfants ;
  • sortir faire des courses seule ou avec les enfants ;
  • rendre visite à quelqu’un de proche ;
  • me rendre chez le médecin ;
  • etc. etc.
 

2° Écrivez une note sous forme de pourcentage dans la colonne d’à côté. 

3° Classez vos peurs par ordre : du geste qui vous fait le moins peur à celui qui vous procure le plus de sueurs froides. 

4° Tentez d’affronter les comportements qui génèrent de l’anxiété chez vous en commençant par le moins important pour terminer par celui qui a le pourcentage le plus élevé. La règle étant de ne pas franchir de cap tant que la plus petite peur n’est pas surmontée et ainsi de suite jusqu’à ce que votre tableau soit rempli. 

5° Ajoutez un petit « check » à chaque étape pour voir les progrès accomplis au fur et à mesure. Ainsi vous verrez que vous êtes capable d’affronter vos peurs, contrairement à ce que vous pensiez. 

Alors, cela a-t-il fonctionné pour vous ? N’hésitez pas à l’écrire en commentaire sous l’article.

Quand le quotidien reprend ses droits

Peu à peu, on assiste au retour à la normale de certains de nos anciens comportements. Le retour au travail se manifestant par des comportements normaux tels que : 

  • faire le plein de carburant pour pouvoir se diriger vers son lieu de travail ;
  • retrouver sa place de parking et son bureau ;
  • reprendre des petites habitudes du quotidien presque oubliées (aller à la machine à café, faire des photocopies…) ;
  • saluer (de loin) les autres membres du personnel de l’entreprise où vous travaillez 
  • etc.   

Par contre, côtoyer les collègues en vis-à-vis ne se fait plus de la même façon. Tout comme le fait de revoir des personnes proches qu’on avait l’habitude d’appeler à distance. 

Au début de la reprise de nos activités, il se peut que l’anxiété ou même une angoisse plus profonde nous envahisse durant un certain temps. La peur d’oublier de ne pas faire la bise à notre collègue préférée, la crainte que les petits enfants ne se jettent au cou de Papy et Mamy sans qu’on s’en aperçoive : encore une fois, c’est tout à fait normal !

Bien que le risque zéro n’existe pas, la grande majorité de la population fera le maximum pour éviter la contamination. Quant à savoir si le fait de nettoyer chaque surface touchée par les personnes que l’on côtoiera va contribuer à diminuer votre anxiété, ce n’est pas certain. Par contre cela vous permettra d’établir la confiance avec vos clients ou les personnes que vous rencontrez sur votre lieu de travail. 

Il convient également de rester courtois. Ainsi, l’empathie est toujours de mise, surtout face aux personnes que l’on sait « à risque » ou plus âgées. Quand je pense à toi, je pense à moi. Cette phrase me rappelle une chanson de Goldman mais je ne sais plus laquelle. Ah oui : « Les restos du coeur » ! Je trouve que ça tombe bien, non ? Car aujourd’hui, on n’a plus le droit d’avoir faim ni d’avoir froid… ni d’attraper cette sorte de bestiole microscopique qu’est le COVID-19. C’est quasiment devenu un besoin de base dans beaucoup de familles. Et c’est tant mieux si autant de gens se protègent et nous protègent par la même occasion. 

Maintenir les changements positifs : un nouveau défi

 

C’est là que je ressors mon livre : « Heureux chaque jour… »

Quand je suis face à un patient anxieux ou dépressif, j’essaie toujours de chercher ce qu’il y a de positif dans sa vie. Cela me permet ensuite de le renvoyer à des événements heureux. Et croyez-moi, je trouve toujours quelque chose ! Très souvent une série de ressources insoupçonnées jusque là surgissent. C’est ce que l’on appelle la magie de la thérapie…

Il en est de même pour vous : essayez de voir ce que le confinement vous a apporté de positif. Par exemple, vous avez appris à :

  1. faire votre pain vous-même alors qu’avant l’apparition du COVID-19 vous n’arriviez même pas à faire un gâteau ;
  2. fabriquer des masques tandis que glisser correctement le fil dans votre machine à coudre était mission impossible ;
  3. faire vos courses en une demi-heure chrono, montre en main ;
  4. réparer le lave-vaisselle en le délestant de son calcaire ;
  5. se mettre au nettoyage de printemps que l’on fait tous les 10 ans, dont on se souviendra comme de l’an ‘40 ;
  6. etc. etc.

Et tout ça à mains nues, enfin presque puisque les magasins non essentiels étaient fermés. Suivez mon regard dans le miroir… Je n’ai jamais été aussi satisfaite d’avoir cédé à un achat compulsif (la machine à coudre). Tout en regrettant de n’avoir pas craqué… pour la machine à pain. Mais ce n’est pas grave parce qu’aujourd’hui j’en ris avec ma fille ! Surtout quand je revois tous les masques faits maison grâce aux tutos destinés aux débutants. Avec des rubans fabriqués dans des collants. Oui, tout à fait : j’ai rempli ma mission telle Zorro, avec honneur et courage. A part que le masque se posait sur le nez et la bouche. Enfin, notez que la question aurait pu se poser. Je n’ai même pas osé les donner. Je vous épargne la photo, elle prendrait trop de place. 

 

Les générations suivantes le raconteront plus tard

Justement, en parlant des enfants : si vous êtes maman solo, vous savez aussi que les apprentissages scolaires ne sont pas les seules choses qui peuvent aider à faire grandir votre enfant. Les bricolages étranges fabriqués par de petites mains expertes vous auront étonnés. Les fous-rires dans le canapé que vous occupiez tous à tour de rôle avant le confinement mais qui aujourd’hui vous réunit. Le chaton qui s’enfuit alors que vous n’avez pas pu vous rendre chez le vétérinaire en raison des conditions sanitaires. Que de souvenirs à raconter plus tard à vos petits-enfants… Comme si vous aviez vécu la guerre ! Vous l’avez compris, c’était mon clin d’œil 😉 à Macron. On a l’air bête après-coup mais quand on la pétoche on ne rigole pas toujours. D’où la cabane au fond des bois puisque celle au Canada n’était plus accessible. 

Alors je vous mets au défi de maintenir ces bonnes habitudes acquises lors de cette période. Qui, je l’espère, a pu être l’occasion pour vous de réfléchir à un mode de vie et des relations qui ne demandaient qu’à être améliorés. 

Je terminerai cet article par la petite phrase que je dis souvent à mes patients au moment de leur dire au revoir : « Allez, courage ! Demain est un autre jour ». Bientôt nous sortirons tous faire la fête !

 

Catherine de Voghel, psychologue

 

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